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De India

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Nuage brun d'Asie

Nuage brun d'Asie

Inquiétant....

Source: http://www.jminforme.ca/technologie/article/164964;technologie

Une épaisse couche de brume au-dessus de l'Océan indien contribue à la fonte des glaciers himalayens

à 11h59 HAE, le 2 août 2007.

BANGKOK (AP) - Une gigantesque couche de brume surplombant l'Océan indien contribue tout autant au réchauffement climatique que les gaz à effet de serre et joue un rôle important dans la fonte des glaciers himalayens, affirme une nouvelle étude publiée jeudi.

En 2006, une équipe dirigée par l'océanographe Veerabhadran Ramanathan a envoyé une sonde au coeur de cette gigantesque couche de brume, appelée «Nuage brun d'Asie», due en grande partie à la combustion de bois et de végétaux, très répandue pour la cuisson dans les ménages en Inde et d'autres pays d'Asie du sud.

En mesurant les concentrations d'aérosols, de suie et de rayonnement solaire, les scientifiques ont conclu que cette pollution renforce d'environ 50% le phénomène de réchauffement de l'atmosphère et contribuerait ainsi pour moitié aux hausses des températures entraînant la fonte des glaciers dans la chaîne de l'Himalaya.

Avant la publication dans la revue «Nature» des recherches de l'équipe du professeur Ramanathan, il était généralement admis que cette couche brumeuse détournait les rayons solaires, refroidissait l'atmosphère et jouait un rôle marginal dans le changement climatique, même si le Programme des Nations unies pour l'environnement (UNEP), qui a cofinancé cette dernière étude, s'était déjà inquiété en 2002 des conséquences à long terme de cette pollution sur les conditions de vie des populations sud-asiatiques.

La principale conclusion de la nouvelle étude est donc que le «nuage brun» constitue un facteur supplémentaire, aux côtés des gaz à effet de serre, dans la fonte des glaciers, source essentielle pour les rivières de la région.

Le professeur Syed Iqbal Hasnaïn, du Centre de recherche de politiques publiques de New Delhi, expert des glaciers, a convenu qu'il pouvait s'agir là d'un facteur additionnel, mais a souligné qu'il fallait poursuivre les recherches pour expliquer la fonte accélérée des glaciers, en installant notamment des instruments de mesure en haute altitude.

«Les glaciers de l'Himalaya reculent, mais leur réaction dépend de nombreux facteurs, comme la taille, l'orientation et l'intensité de l'humidité des moussons», a-t-il noté dans un courrier électronique envoyé depuis New York.

La communauté scientifique craint que les glaciers de l'Himalaya ne disparaissent entièrement, causant à terme l'assèchement des rivières de la région pendant plusieurs mois de l'année. La fonte se poursuit selon les estimations à un rythme pouvant atteindre 15m par an. Une situation qui pourrait encore s'aggraver avec une augmentation escomptée de 6,4 degrés Celsius de la température d'ici 2100, d'autant que la croissance galopante des économies indienne et chinoise est en grande partie alimentée au charbon.

Le professeur Ramanathan, qui est employé par l'Université de Californie à San Diego, a dit espérer que ses conclusions inciteront les autorités locales à accélérer la transition de foyers alimentés au bois à des systèmes d'énergie solaire et à des centrales de biogaz, qui captent le méthane et le CO2 pour les transformer en carburant.

Le scientifique se trouve d'ailleurs en Inde en ce moment, où il travaille sur un projet en liaison avec l'Institut de recherche énergétique de New Delhi visant à offrir des sources d'énergie alternatives à 1.000 familles de la région de Kumaon, au pied de l'Himalaya. En cas de succès, Ramanathan espère que l'expérience pourra être étendue à d'autres parties du pays.