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De India

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La conférence de Deoband

La conférence de Deoband

Lundi 25 février 2008 se sont réunis à Deoband (près de Saharanpur dans l'Uttar Pradesh) pas moins de 15000 ecclasiastiques musulmans, venus de toute l'Inde.
L'école coranique de Deoban, la Darul Uloom Deoband, est l'une des plus influente d'Asie du Sud en terme d'islam fondamentaliste et aurait inspiré l'idéologie des Talibans.

Au terme de cette réunion, le terrorisme a été déclaré "anti-islamique". Pour la première fois, une institution islamiste a condamné et banni le "terrorisme " (dans l'acception occidentale du terme). Ont été défendus les principes de l'islam: paix, fraternité et justice et condamné l'assassinat d'innocents.
Lire le communiqué de l
ESISC (European Strategic Intelligence and Security Center), (à noter que l'information n'apparait pas dans la presse française)

Inde/Terrorisme : la madrasa de Deoband condamne le terrorisme

Des théologiens musulmans réunis à la madrasa Darul Uloom de Deoband, dans l’Etat indien d’Uttar Pradesh, ont publié une déclaration dénonçant le terrorisme comme « complètement étranger à l’islam. » Ouvrant le conclave, le directeur de la madrasa de Deoband, Maulana Marghoobur Rahman, a décrit le terrorisme « comme un acte irréfléchi, contraire aux enseignements musulmans. » Il a également affirmé que le Coran interdisait de tuer des innocents, quelle que soit leur religion.

Fondée en 1867, la Madrasa Darul Uloom a été la première institution d’enseignement islamique collectif de l’Inde britannique. L’école visait à l’époque à offrir une alternative musulmane au système d’enseignement colonial, créé pour former les élites locales de l’Empire des Indes. Aujourd’hui, les héritiers de la tradition deobandie combattent les traditions populaires soufies et la réflexion critique interne à l’islam. Ils prônent l’application intégrale de la Charia, à l’image des mouvements salafistes du monde arabe. Le produit le plus emblématique de cette idéologie est sans doute le mouvement taliban, né de la multitude des madrasas pakistanaises établies le long de la frontière afghane.

La dénonciation de ce lundi revêt donc une grande importance en raison de la symbolique attachée au nom de Deoband. La plupart des groupes islamistes radicaux d’Asie du Sud se réclament en effet de son enseignement, de même que 65% des madrasas pakistanaises. Alors que de nombreuses voix se sont élevées en Inde pour dénoncer les pertes de liberté individuelles dont souffriraient les musulmans du fait des lois antiterroristes, cette démarche marque un retour à l’introspection. Aujourd’hui, une grande partie des séminaires islamiques indiens font l’objet d’une surveillance des autorités fédérales. Si le processus entamé à Deoband arrive à son terme, il permettrait peut-être de dépasser l’axiome assimilant  immanquablement l’Islam au terrorisme.


La presse indienne, quant à elle, note l'avancée importante en tant que message fort pour les musulmans et leur rapport au "terrorisme", qui ne serait que l'oeuvre de groupes et de sectes, exprimant ainsi leur inquiétude face à une situation de plus en plus tendue mais reste septique quant à la critique du gouvernement central indien, sommé de ne pas rentrer dans des "logiques occidentales"

"Condemning the role of Western nations in “oppressing” Muslims in Palestine, Iraq, Afghanistan and Bosnia, the resolution urged the Indian government not to get influenced by the West.

The resolution also demanded: “The central government must promptly bring an end to the character assassination of Muslims and madrasas; it must also direct its machinery not to pass the buck in every act of terror to Muslims; but of course it must award the severest punishment to the actual guilty.”

Reste qu'aucune fatwah (loi islamiste) n'a été promulguée contre le terrorisme à l'heure actuelle.

Editorial du Times Of India du 27 février.

TODAY'S EDITORIAL: Message From Deoband

27 Feb 2008, 0001 hrs IST
 
One of the most influential theological schools in South Asian Islam, the Darul Uloom Deoband located in Saharanpur, UP, is said to have inspired the Taliban ideology.

It's heartening, therefore, that the same seminary has now convened an anti-terrorism conference that was well attended by scholars and top clerics from different Islamic schools of thought.

It has not only passed strictures against terrorism as anti-Islamic, it has also defined terrorism as any action that hurts innocent individuals.

The Deobandis are one of the more orthodox schools within Islam. Besides inspiring the Taliban they have been an ideological beacon for other sects that support a fundamentalist interpretation of Islam.

This time, however, they may be responding to dismay among Indian Muslims to the hijacking of Islamic tenets by a small group of ideological extremists and the consequent backlash across the world which targets Muslims. India is a democracy and Indian Muslims are by and large moderate.

It's no surprise that such a large body of Muslim scholars getting together to denounce terrorism should have happened in India.

It's also significant that Bashir-ud-din, the grand mufti of Kashmir, has supported the Deoband declaration and reiterated the message that Islam doesn't allow the killing of innocent people.

Deoband reverberates beyond South Asia and its new message could well influence how the Muslim world looks at terrorism. Globally there had been an initial rush of sympathy for Al-Qaida and its cohorts following 9/11 and the American invasion of Iraq.

But that sympathy may be waning now because of the sheer randomness and brutality of the terror that Al-Qaida or Taliban chooses to inflict, quite often on Muslims themselves.

Since Pakistan too is afflicted by Islamic terrorism, and the Deoband school is influential in Pakistan, it's up to the clerics in Pakistan to take heed of the new message that's coming from Deoband. There is room for debate on whether the Deoband declaration amounts to a fatwa against terror or not.

A fatwa is a religious ruling and it isn't yet clear whether this declaration has that status. But whatever its status, the message from Deoband is important.

Deobandi scholars are certainly right when they protest that all madrassa students are not terrorists. However, the question must go further. What can Muslim scholars from Deobandi as well as other theological schools do to delegitimise terrorism and thereby take a load off the Muslim community?

This conference is certainly a start. Now it's time to take it further, by issuing some clear-cut fatwas against terrorism.

Source: Times of India


Un article du courrier international du 20 octobre 2005

Deoband, pays de la fatwa perpétuelle

Tehelka via Courrier international - n° 781 - 20 oct. 2005

A quoi ressemble aujourd’hui le séminaire où ont été formés les plus radicaux des talibans ? Un reporter du magazine indien Tehelka s’est rendu sur place.

La petite localité agricole de Shampla, dans l’ouest de l’Uttar Pradesh, se cache dans la verdure des plantations de canne à sucre. Le 20 août dernier, un samedi matin, ce village de paysans s’est mis à l’heure de la politique. Des banderoles ont été suspendues aux façades des maisons, et des affiches placardées sur les murs. Cinq femmes musulmanes étaient en lice pour l’élection du panchayat pradan, un poste du conseil de village réservé aux femmes. Mais les cinq candidates ont dû laisser leur mari faire campagne à leur place : le puissant séminaire musulman de Deoband avait émis une fatwa leur interdisant de prendre la parole et de se présenter en public sans leur voile. “Dans la région, tous les villages musulmans suivent les préceptes du Darul Uloom [littéralement, “la demeure du savoir”] de Deoband”, nous a expliqué un fermier du village. “Tout ce que disent les muftis est juste, et nous nous y conformons.”
Les autorités de Deoband ont déjà défrayé la chronique en matière de droits des femmes. Une de leurs fatwas [qui avait scandalisé toute l’Inde en juin dernier] avait notamment condamné une femme violée par son beau-père, du nom d’Imrana, à couper toutes relations avec son mari. Cette affaire, comme celle des élections au panchayat, a soulevé nombre de critiques contre l’école coranique.
Le président du Darul Uloom, Marghoobur Rehmaan, défend son séminaire du haut de ses 94 ans. “Dans les deux cas, pour Imrana comme pour le panchayat, les muftis de Deoband ont reçu des lettres demandant des avis auxquelles ils ont répondu par des fatwas. Nous ne nous attendions pas que les choses prissent une telle tournure polémique.” Selon lui, la fatwa sur les élections au panchayat aurait été demandée par simple malveillance. “Un journaliste travaillant pour un organe local en hindi a envoyé une lettre demandant si les femmes musulmanes pouvaient sortir sans leur voile pour faire campagne et participer aux élections, raconte Marghoobur Rehmaan. Il a signé de son nom, mais sans préciser sa profession. Un mufti a lu sa requête et y a répondu conformément aux préceptes de la loi islamique, qui interdit aux femmes de sortir sans leur voile. Le journaliste a ensuite fait un papier qui donnait l’impression que nous avions pris de nous-mêmes l’initiative de cette fatwa.” Le président et les autres muftis reconnaissent cependant qu’ils ne vérifient pas les faits qui leur sont soumis et se contentent, pour énoncer la fatwa, d’interpréter la loi islamique en fonction de la question posée.
Le système de la fatwa est d’ailleurs critiqué tant à Deoband qu’à l’extérieur. Pour Anzar Shah Kashmiri, spécialiste des hadith [recueil des actes et paroles de Mahomet] au Darul Uloom, “techniquement, la fatwa est juste. Mais les muftis sont déconnectés des réalités actuelles. Ils devraient tenir compte dans leurs décisions du contexte social dans lequel nous vivons.” Des critiques que formulent également le All India Muslim Personal Law Board [Comité de défense du droit privé musulman] et la plupart des organisations de défense des droits des femmes. Au Darul Uloom, on comprend ce point de vue. “Nous avons décidé de ne pas prononcer de fatwas à caractère politique. Toutes les requêtes seront passées au crible, et aucune fatwa ne sera lancée sur des questions ayant des implications politiques. Seules seront traitées les questions touchant à la charia, la loi islamique”, annonce l’adjoint de Rehmaan, qui prépare actuellement sa réponse à l’avertissement prononcé par la Cour suprême dans l’affaire Imrana.
Mais le mufti exclut pour autant toute évolution. “On ne peut pas changer le Coran ni les hadith. La logique et la grammaire que nous enseignons pour aider les étudiants à comprendre ces textes n’ont pas changé non plus depuis des siècles.” A Deoband, la modernisation n’est pas à l’ordre du jour. Tout, ici, est poussiéreux. Le cinéma local projette Raj Tilak, un film datant d’il y a plus de vingt ans. Et les mouches pullulent dans les gargotes, où des étudiants portant l’uniforme réglementaire – costume blanc (tunique, pantalon) et calotte blanche – boivent du thé en grignotant des pâtisseries. L’importance que donnait le prophète Mahomet à la propreté dans la foi islamique est manifestement ignorée. C’est par une grande arche, au bout d’une avenue jonchée d’ordures, que l’on pénètre sur le campus du Darul Uloom et que l’on découvre ses bâtiments en brique coiffés d’arches et de dômes, dans le style des forts moghols.
Sur un panneau d’affichage, près de l’entrée, on remarque l’annonce de plusieurs conférences sur la contribution des religieux de Deoband à la lutte pour l’indépendance. Il s’agit sans doute de rappeler aux visiteurs et aux résidents le passé nationaliste du séminaire – et de mettre en évidence, de façon indirecte, la loyauté de l’institution face à l’Etat. La madrasa n’a-t-elle pas choisi de rester en Inde, au moment de la partition [en 1947], plutôt que de déménager au Pakistan, où, plus tard, certains de ses anciens élèves se rendront célèbres et feront la réputation de Deoband ? Les talibans se sont en effet prévalus de la lecture de l’islam telle qu’elle se pratique à Deoband, en insistant sur le retour aux textes saints de l’islam et en refusant toute acculturation, par opposition aux soufis, qui prônent le syncrétisme.
Cette filiation idéologique entre le mouvement taliban et Deoband ne facilite pas la tâche d’Arif Siddique. Cet ancien journaliste, autrefois employé par Yojana, l’austère revue de la Commission indienne au plan, est aujourd’hui le responsable des relations publiques du séminaire. “Je suis reconnaissant aux talibans et à Oussama Ben Laden de nous avoir fait connaître auprès des médias du monde entier. Mais il ne faut pas en tirer de conclusions hâtives”, souligne Siddique en caressant quelques mèches blanches sur son crâne dégarni. Il évoque alors un diplômé de l’école qui, du temps de l’Empire britannique, aurait formé à Kaboul un gouvernement indien en exil et qui aurait été, à l’en croire, l’inspirateur de l’Armée nationale indienne de Subhash Chandra Bose [qui était constituée de soldats indiens indépendantistes et qui a combattu contre les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale]. Arif Siddique déplore surtout l’attitude de la presse. “Vous, les journalistes, vous ne voyez en nous que des mollahs fondamentalistes et arriérés. Mais les programmes d’enseignement et les cantines gratuites, tout cela existe à Deoband depuis la création de l’école, en 1866. Pourquoi ne parlez-vous pas de ça dans vos articles ?” Il n’a pas oublié les “questions absurdes” posées par des journalistes étrangers. Pour prouver l’irréprochabilité de ses ouailles, il conseille de s’adresser à l’agence nationale des casiers judiciaires, qui dépend du ministère de l’Intérieur. “Consultez leurs dossiers ; vous n’y trouverez pas mention d’un seul étudiant de Deoband mêlé à des actes criminels ou terroristes.”
L’école compte près de 3 500 élèves. On y enseigne l’arabe, le persan, la logique, la grammaire et la calligraphie, ainsi que le droit et la jurisprudence islamiques. Son organisation est semblable à celle d’une université, avec un département pour chaque domaine, sans oublier le Dar-ul-Iftah, qui émet les fatwas. Siddique met l’accent sur les efforts de modernisation. “Nous avons mis en place des cours d’informatique et d’anglais.” Mais seuls les étudiants les plus brillants – et qui ont suivi le cursus, long de sept ans, qui permet d’édicter des fatwas – ont accès à cet enseignement. “Anglais” et “informatique”, le responsable des relations publiques de Deoband n’a que ces mots-là à la bouche, comme s’il fallait prouver que l’école fait tout pour rester en prise avec le monde moderne.
Au département d’informatique, où les étudiants s’initient à des applications simples, le directeur, Abdus Salam Qasimi, évoque la mise en place, l’année prochaine, de cours de programmation. Au département d’anglais, l’ambiance est plus tendue. Les enseignants se lancent vite dans une critique agressive des médias. “Vous n’êtes là que pour nous faire du tort ; les journalistes n’écrivent que des mensonges sur Deoband. Quand un tribunal condamne un criminel à la pendaison et que sa famille en souffre, vous n’accusez pas le tribunal. Mais, quand Deoband a prononcé la fatwa dans l’affaire Imrana, tout le monde nous a accusés, nous”, s’emporte un professeur d’anglais, qui refuse de donner son nom. Un autre enseignant se joint aux protestataires. “Pourquoi ne faites-vous pas un article sur cette petite fille hindoue de six mois qu’on a mariée à un chien ? Pourquoi ne parlez-vous que des fatwas et d’Imrana ?”
Mohammed Afzal, un jeune professeur d’anglais, parvient à calmer ses collègues. Il apprend à ses élèves à écrire et à s’exprimer en anglais, mais aussi à utiliser ce savoir pour “dissiper les idées que se font les non-musulmans de l’islam et de Deoband”. Il nous parle du Daawah, le cours de prosélytisme. L’enseignant évoque le syncrétisme entre hindouisme et islam. “L’islam s’appuie sur la shahada [profession de foi musulmane] et l’hindouisme sur les Brahma Sutra [ouvrages fondateurs de la religion hindoue]. Tous deux affirment l’unicité divine.” Pour lui, il est important de donner aux élèves les moyens de répondre aux questions “que posent les gens sur les liens entre l’islam et le terrorisme, sur la polygamie, sur les droits des femmes, sur le voile ou sur les fatwas”.
Et les étudiants ? La plupart d’entre eux refusent d’être photographiés et se montrent peu disposés à parler à “un étranger partial”. Ils chassent notre photographe, qui a failli “déranger” un mufti alors qu’il donnait un cours dans une salle majestueuse. Mais ils le tranquillisent aussitôt en affirmant qu’il lui suffira de présenter des excuses audit mufti pour que tout soit réglé. Une fois abattus les murs de la méfiance, on ne voit plus que de jeunes villageois, originaires pour la plupart de l’Uttar Pradesh et du Bihar, satisfaits de l’enseignement gratuit qu’ils reçoivent et de la vie austère qu’ils mènent dans les dortoirs spartiates de la madrasa, où musique et télévision sont interdites. Ces garçons acceptent leur avenir avec résignation : ils se voient plus tard imam dans une mosquée de village, enseignant dans une madrasa ou, au mieux, une fois l’anglais appris, traducteur dans un pays du Moyen-Orient. Exemple : Iftikhar Ahmad, un jeune homme venu de l’ouest de l’Uttar Pradesh, dont le père, colporteur, ne pouvait pas envoyer ses cinq fils à l’école, et qui voudrait savoir comment faire pour que son petit frère fasse médecine et devienne docteur. Ou encore Arif, venu d’une petite ville du Bihar, qui va terminer ses études l’année prochaine et qui préférerait travailler dans une ambassade ou dans l’enseignement plutôt que de devenir imam. Arif, qui ne cesse de nous poser des questions sur… le “mariage d’amour” 


Un réseau de 15 000 madrasas
Le petit bourg indien de Deoband, dans l’Uttar Pradesh, jouit d’une solide réputation dans tout le sous-continent grâce à son école coranique, le Darul Uloom. Fondée en 1866, cette madrasa a joué un rôle extrêmement important dans la lutte anticolonialiste contre les Britanniques et dans le développement du mouvement nationaliste qui a mené à l’indépendance de l’Inde et à la création du Pakistan. Il faut savoir à ce sujet que la majorité des déobandis était opposée à la partition de l’Inde et à la création d’un Etat musulman. Ils ont créé, pour exprimer leur position, le Jamiat Ulema-i-Islami (JUI), mouvement qui existe encore en Inde et au Pakistan (où il défend les intérêts des mohajir, les musulmans venus d’Inde après 1947). La doctrine enseignée au Darul Uloom est par ailleurs prêchée par les prosélytes du Tablighi Jamaat, un mouvement très actif en Asie du Sud mais aussi en France où il est implanté depuis 1972.
L’influence du Darul Uloom dans l’histoire politique est telle qu’on l’a parfois comparé à l’université Al-Azhar du Caire. L’école déobandie peut compter sur les quelque 15 000 madrasas qui se réclament de son idéologie à travers l’Asie pour assurer son rayonnement. Rien qu’au Pakistan voisin, on en compterait environ 4 000, dont les plus connues sont à Multan et à Larkana, respectivement à l’est et au sud-ouest du pays. Le fait que les talibans aient étudié à Deoband et se qualifient eux-mêmes de déobandis a contribué à faire connaître et à stigmatiser ce courant islamiste, notamment en Occident. Mais il ne faut pas pour autant confondre le courant déobandi avec le wahhabisme, qui vient, lui, d’Arabie Saoudite. La doctrine déobandie insiste particulièrement sur les hadith (actes et paroles du Prophète), sur la jurisprudence islamique et sur les codes de conduite, à commencer par les prescriptions vestimentaires. Il s’agit avant tout de retourner à l’islam de l’époque du Prophète, même s’il est permis d’utiliser à cette fin des méthodes modernes d’enseignement.