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De India

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Jodhaa- Akbar de Ashutosh Gowariker

Jodhaa- Akbar de Ashutosh Gowariker



Si j'ai vu Jodhaa Akbar tout-à-l'heure dans une période un peu éloignée des couleurs de bollywood, c'est bien parce qu'il était projeté au cinéma à Lille et que je ne resiste jamais aux fresques historico-mythologique sur grand écran .J'ai même failli abandonner au dernier moment (la longueur du film 3h30 et le froid hivernal) et des personnes m'en  avait également dit beaucoup de mal et cependant, je n'ai pas été déçue, bien au contraire...

On pourrait, bien évidemment, critiquer la véracité historique du sujet que je considère, plutôt, comme un histoire mythologique*, d'ailleurs, Gowariker, lui-même, a confessé que 70% du scénario était purement le fruit de son imagination.

Ce qui frappe de prime abord, c'est la beauté, sans le faste excessif et saturé de Devdas, des images et l'utilisation remarquable des couleurs. En conséquent, on a enfin le sentiment d'être au cinéma devant un vrai spectacle cinématographique qui ne nous donne pas l'impression d'être devant un catalogue d'effets spéciaux ou une pièce de boulevard. Certes, le jeu des acteurs reste très indien dans la mesure où il n'est pas question d'en faire des hommes et femmes à la psychologie complexe (n'oublions pas que le film doit être visible par le spectateur lambda en Inde) mais la mise en valeur par l'image du charisme des deux personnages principaux ( Aishwarya Ray-Bacchan/Jodhaa et Hritrik Roshan/Akbar) les rende attachants et leur rapport physiquement très distant fonctionne bien. La construction de l'intrigue est suffisement intéressante pour ne pas ennuyer, mise à part le dénouement qui est vraiment long.
Plus intéressants que les scènes de bataille (redite de Troie), ce sont les duels au sabre qui m'ont le plus marqué (un reste de ma passion passagère il y a une dizaine d'année pour les capes et épées?). D'ailleurs, il semble que Gowariker les ait privilégiés aux danses.

Et enfin, cette fresque mythologique a le mérite de poser la douloureuse question de la cohabitation de deux religions, somme toute, vraiment différente, l'hindouisme et l'islam et cette question n'en finit pas de se poser, de plus en plus, jour après jour (et les attentats du mois dernier ne diront pas le contraire malheureusement). Il s'agit, pour le metteur en scène ( et Lagaan et Swades s'inscrivent dans la même optique) de créer une sorte de projection (utopique?) dans laquelle chacun peut se ressourcer en matière d'espoir collectif: une condition sine qua non pour l'unité de l'Inde bien que l'impression de tension à la limite de l'exlosion que j'avais pendant mon année là-bas se confirme de plus en plus.

En fait, " Ce que nous demandons au cinéma, c'est ce que l'amour et la vie nous refusent, c'est le mystère, c'est le miracle" (Robert Desnos)

*N'est-il pas vrai que l'Iliade s'appuie sur une mémoire collective avant l'invention de l'Histoire et que des guerres entre les royaumes grecs et ceux d'Asie mineure auraient bien eu lieu?