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De India

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La vie quotidienne d'une famille en Inde.

La vie quotidienne d'une famille en Inde.

J'ai eu la chance la semaine dernière de m'intégrer (et c'est le moins qu'on puisse dire puisque je me suis sentie très très à l'aise) dans une famille (celle de monsieur Deb!!!!) indienne de classe moyenne cultivée de Lucknow.

Voici le récit de mon expérience agrémenté de photos.

La tante de Deb est fonctionnaire au gouvernement, son mari était journaliste mais a quitté son travail il y a 10 ans. Ils ont deux filles, l'aînée Nimisha est partie une semaine avant mon arrivée en Ecosse pour y faire son doctorat en environnement, la seconde Apurva est étudiante en sociologie, psychologie et histoire. Elle s'intéresse de plus en plus au design et à la mode et s'etait même inscrite dans une école de design mais ses parents se sont inquiétés et lui ont interdit d'y retourner.

Ils habitent dans un appartement au rez de chaussé qui leur est prêté par le gouvernement en plein centre ville de Lucknow. Cet appartement est situé dans une "colony", c'est à dire, un quartier reservé (héritage anglo-saxon).

Les "colony" que j'avais vus à Gurgaon et à Delhi possédaient des gardes à l'entrée ( on est pas trop habitué à ça en France quoique ça commence à se développer). Ici, la colony est beaucoup plus ancienne et, bien que plus calme et plus verte que la ville (on sent la différence), il n'y a pas de barrière à l'entrée et des familles très pauvres vivent dans cette colony dans des baraques de fortune.

Bien que verdoyante et très bien placée, les maisons de la colony ne sont vraiment pas belles. On m'a expliqué qu'à la construction, il y avait eu du traffic dans l'air et les matériaux utilisés ne sont pas du tout solides. Conséquence: les murs s'éffritent par endroit et deviennent noirs (à cause de la polution?).

Quand je suis arrivée, c'était ce qu'on pourrait appeler "le grand ménage de printemps". Sauf qu'en Inde, ça se fait juste avant Diwali (la fête des lumières, ce samedi). On repeins et on nettoie à fond et on redécore toute la maison une fois par an à cette occasion.

L'appartement possède 5 pièces: un salon, deux chambres à coucher, une salle à manger ( enfin une pièce centrale qui sert à tout), une cuisine + une petite véranda fermée dans laquelle se trouve le petit "temple" avec les divinités + une cour (avec petite dépendance pour rangement) + un jardin.

En Inde, on emploie des "serviteurs" assez facilement. Certains viennent à des heures précises dans la journée pour faire la vaisselle, le ménage ou la cuisine. D'autres sont des enfants (et là, c'est plus dur à avaler pour nous français) qui vivent dans la maison. Quand je leur en ai parlé, on m'a répondu que c'était des enfants qui s'étaient sauvé de chez eux ou qui étaient orphelins et qui avaient beaucoup de chance d'être tombés dans cette famille.
On m'a raconté des histoires d'enfants solitaires à qui l'on coupe bras et jambes et qu'on place en face des temples

Selon les familles, l'enfant est complétement exploité, il s'occupe de tout ou presque. Au mieux (et c'était le cas à Lucknow), la famille l'aide, fait le ménage et la cuisine avec lui et l'éduque. Dans tous les cas, on lui prodigue beaucoup d'amour et l'enfant est souriant.
Il est un peu comme les esclaves de la Rome Antique, intégré à la "familias".
A chaque fois, ça m'a fait bizarre même si finalement on se rend vite compte que c'est une chance pour ces enfants. En Inde, il y aurait 12,6 millions d'enfants qui travaillent, la plupart sur des chantiers, même si c'est interdit. La rêglementation devrait se renforcer dans les mois qui viennent. http://news.bbc.co.uk/2/hi/south_asia/6034335.stm (même si on m'a dit qu'elle ne concernerait pas les enfants domestiques)

Le petit "Ramu" à Lucknow était très gentil et très content quand je faisais des efforts pour lui parler en hindi car il ne comprend pas l'anglais (ou alors quelques mots que la famille lui avait appris).

Le seul petit problème avec lui, c'est qu'il n'est pas intéressé par les études. Il préfère passer son temps libre à regarder la télévision à laquelle il n'avait pas accés dans son village .

On fait et boit du chai (thé avec lait et sucre) toute la journée et on mange. Le repas quotidien est composé de sabji (mélange de légumes), dhal (lentilles) riz et chapati/roti.

En Inde, même si votre maison possède un salon et une salle à manger, vous n'aurez pas d'intimité dans votre chambre (surtout quand l'air climatisé ne se trouve que dans une seule pièce, celle là!). On vient, on va entre les chambres et on s'installe sur les lits, genous croisés pour  non seulement manger mais aussi discuter. Même les invités proches de la famille viendront.

Voilà pour le principal. Il y a, forcément, encore beaucoup de choses à rajouter. Ce que je ferai dans les mois qui viennent.

Voici quelques photos de mon séjour:

Apurva et Ramu au travail, en train de nettoyer la cuisine.

J'ai un peu aidé. En principe, l'invité est roi (rêgles de l'hospitalité indienne) mais j'ai insisté car je m'ennuyais un peu.

La tante de Deb avec un de ses collègues.

 Apurva et son papa. Je lui trouve un petit air de Périkles (d'ailleurs, il a un nez grec tout comme Apu). La famille est originaire des montagnes de l'himalaya. Ils pensent qu'ils ont sûrement un grand père anglais. J'ai lu quelquepart que les colonies grecques du nord de l'Inde sont restées très longtemps et qu'il y a des descendants (thèse autant plausible que l'ancêtre anglais)

La maman de Deb, moi et la tante de Deb.