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De India

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Les clés du bonheur.

Les clés du bonheur.


Tout en faisant des recherches sur la notion de bonheur ( notion que je travaille au travers de textes littéraires avec mes 1ères), je suis tombée sur cet entretien avec Boris Cyrulnik  , extrait du nouvel obs :cliquez ICI 

Pas inintéressant du tout puisqu'il pose plusieurs questions et définit de façon bien précise "le mal de notre siècle" (référence à nos auteurs romantiques); la tristesse et le malheur et j'y ai trouvé beaucoup de mes propres conclusions après les deux années que je viens de vivre.

Tout ce que nos ancètres ont rêvé, nous l'avons. Et quand bien même tout est à notre portée, nous continuons de cultiver une fascination pour la tristesse à tel point que beaucoup finissent par y croire. Peut-être s'ennuie -t'on de trop? Le bonheur résiderait-il dans le combat et l'espoir? Et cependant, un rien nous fatigue et un malheur nous assome et nous oublions le sens du mot "combat". (J'ai choisi volontairement un terme relativement fort).

Pour rebondir ce que Cyrulnik précise, effectivement, nous avons perdu cette qualité qu'est la patience et bercé d'illusions dans un monde parfait en apparence, nous exigeons tout, tout de suite, y compris le bonheur.

En effet, nous ne distinguons plus les plaisirs quotidiens dont il faut s'entourer et le bonheur qui se mérite, pour lequel il faut se battre. Nous recherchons le bonheur dans ces plaisirs furtifs à tel point que nous nous mélangeons les pinceaux et prenons en compte , jusqu'à s'y habituer, les lendemain de plaisirs, très tristes.
Ce qui m'a frappé, au retour de l'Inde, ce sont les nombre de dépressifs simples qui cultivent cette dépression. Et d'ailleurs, je suis moi-même passée par là pour des raisons presque sans intérêt. (N'était-ce pas aussi une façon de me ré-intégrer?)  Certains, il est vrai, vivent de réelles tragédies et restent durablement blessés mais beaucoup restent dans cet état semi-léthargique qui excuse tout dans notre société.

En fait, nous oublions la construction et le partage. La construction ne se fait pas sans difficultés et le partage aussi.
D'ailleurs, quand on se rend dans un pays comme l' Inde, on a l'impression que les gens sont plus heureux; quelque soit la caste, l'éducation, la richesse. Il suffit de se rendre sur des forums type "le forum du routard" pour trouver de nombreux témoignages d'anciens voyageurs, envieux et nostalgiques d'une vie qui leur parait libre et gaie dans un monde différent.

Et pourtant, l'Inde, telle qu'ils la représentent n'est rien d'autre qu'une utopie: une utopie qui apparait bien réelle, tant qu'on y passe en éclair  (c-a-de moins de 6 mois) et qu'on ne cherche pas à s'y intégrer. C'est vrai, l'Inde offre une marge de liberté à chacun à condition d'être en mouvement. Je pense aux sadhus, ces hommes qui, à un moment de leur vie, ont décidé de tout laisser pour une vie de vagabond, je regrette en passant que cette possibilité ne nous soit pas donnée (et je pense à ceux qui décident de partir  pour toujours en se donnant la mort quand il ne leur est plus possible de voir au loin) mais la société indienne est, en fait, bien plus rigide que la nôtre et occasionne de nombreuses souffrances.

C'est amusant de voir que l'utopie indienne des occidentaux amoureux de ce pays (moi compris) est en fait un monde "bordelique" ou rien n'est en ordre, ou tout donne l'impression de foisonner, culture, buisiness sans rêgles.
Je suis d'ailleurs complétement d'accord avec Cyrulnik quand il reproche à la France de s'être défaite au fur et à mesure de l'exode rurale de ses rites et de ses fêtes. Voilà bien ce qui nous manque pour avoir le courage de construire notre vie et de connaître le bonheur.

Qu'en pensez-vous?