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De India

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Le carnage de Mumbai

Le carnage de Mumbai

L'expression convient et personne n'y a échappé....

Une sorte de nouveau 11 septembre;  le monde entier était attaqué à Mumbai ces trois derniers jours...

Un carnage, conséquence d'une tension palpable en Inde et un peu partout dans le monde. Nous sommes en guerre, mais pas contre un état  défini, preuve en est, l'Inde peine à trouver un pays coupable...l'hypothèse du Pakistan fonctionne du moins en moins, puisqu'il est de plus en plus difficile d'être réelement nationaliste dans un monde globalisé, où nos économies sont interdépendantes.

Nous sommes en guerre contre ceux qui ne supportent pas ce système globalisé. Une sorte de guerre civile à échelle mondiale.

Et c'est en Inde que tout cela explose pour commencer: l'Inde est considérée comme un microcosme du monde par certains chercheurs et écrivains :

Un nouvel espace éditorial chez Albin Michel

Pour déchiffrer notre avenir dans un monde globalisé, il nous faut comprendre le plus immense laboratoire humain du XXIe siècle : l’INDE
Les meilleurs spécialistes explorent le sous-continent indien, son histoire et son extraordinaire évolution, ses arts et sa culture, ses idées et ses religions, ses influences et ses relations à l’Occident…

L’un des faits majeurs de ce début du XXI° siècle est l’ascension fulgurante de l’Inde comme acteur majeur de notre monde « globalisé ». Déchiffrer notre avenir, c’est donc essayer de comprendre l’Inde.
Défi stimulant, car l’Inde nous apparaît de prime abord sous le signe de paradoxes déconcertants :

  • Cette galaxie d’un milliard deux cent millions d’êtres humains est une démocratie moderne et elle reste pourtant attachée à son système de castes.
  • Elle compte les plus riches fortunes et 350 millions de pauvres.
  • La condition des femmes y est souvent scandaleuse, mais certaines deviennent chefs d’Etat.
  • Elle peine à réduire l’analphabétisme et elle « vole » des emplois qualifiés à l’Europe et aux Etats-Unis.
  • Elle est une puissance nucléaire et demeure l’héritière vivante des grandes voies de sagesse de l’humanité.
  • Elle est un microcosme de toutes les religions, cultive une image de tolérance, et est régulièrement déchirée par des massacres interreligieux.

L’Inde, au-delà de ses immenses difficultés sociales, politiques et économiques, invente des solutions originales dans la confrontation entre modernité et traditions. L’Inde est un véritable laboratoire du monde à venir.

C’est à éclairer ces complexités déroutantes que s’attelle « Planète Inde ».
A l’opposé de l’idéologie du choc des cultures, « Planète Inde » pourrait se sous-titrer « L’Inde et nous ». Car l’Inde, pour l’Occident, c’est cet « autre » qui fascine et déroute depuis le temps des Grecs, cet « autre » dont la rencontre ne laisse jamais indemne ou indifférent.


Et plus particulièrement Bombay. Ce n'est pas un hasard si Vikram Chandra dans Le Seigneur de Bombay a décrit une attaque de Bombay par des terroristes venus de la mer qui prennent des lieux stratégiques. Hasard, pure coïncidence? Je n'y crois qu'à moitié pour me rassurer que cette attaque n'était pas prévisible.

Maintenant qu'il faut guérir, il est nécessaire que l'Inde, en premiere ligne,  mais tous ensemble, nous, le monde, nous trouvons des solutions pour que ces attaques/carnage ne se transforme pas en chaos mondial. Nous sommes si peu de choses...Il est plus que nécessaire que nous nous unissions pour DIALOGUER.


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Toujours sur le même sujet, je copie ici un article que j'ai rédigé pour un autre blog sur le phénomène Twitter

Je fais une petite parenthèse et m'éloigne largement, le temps d'un post, des langues anciennes et de l'enseignement pour raconter mon expérience Twitter d'hier et d'aujourd'hui et analyser ce phénomène.

Alors que je découvrais, hier soir, avec horreur et très affectée (j'ai passé un an en Inde) en direct l'attaque de Bombay/ Mumbai par des terroristes et que je m'empressais, cliquant un peu partout, sur la toile pour chercher le maximum d'informations sur les sites des presses françaises et indiennes (1), je découvre Twitter et y suis restée connectée pendant une bonne partie de la nuit et de la journée.
Bien plus qu'en regardant CNN-IBN qui fait tourner en boucle les mêmes images pendant des heures, ajoutant, ça et là, quelques nouvelles envoyées par les agences de presse, je me suis sentie transportée au milieu des événements (mais bien en sécurité chez moi en Europe) ,suivant seconde par seconde et accompagnée du monde entier, le déroulement de cette tragédie dans ses moindres rebondissements.
Et pendant que je continue de lire la presse, il s'inscrit sur mon onglet (23) #Mumbai
, c'est-à-dire que 23 nouveaux twits parmi lesquels, un recensement de ce qui se dit dans les médias, à peine déclaré, à peine inscrit sur un tweet, même mais aussi des témoignages de personnes se trouvant sur les lieux...le tout, seconde après seconde. Il ne me reste qu'à "refresh"
L'information est brute avec ses erreurs, ses fausses annonces mais je me plais à synthétiser le tout à ma manière, en utilisant les liens que fournissent les utilisateurs.
Et pendant que j'écris cette dernière phrase, 30 nouveaux tweets apparaissent, j'ai l'espoir d'avoir, qui sait?, une nouvelle information...tiens, 24h après le début de l'attaque, il semblerait que l'armée ait terminé de tuer tous les terroristes dans l'hôtel Taj même si l'on entend encore des explosions et l'incendie continue de sévir.

Ce qui est impressionnant avec Twitter, c'est ce sentiment de groupe; les personnes qui lancent (et je n'emploie pas ce verbe par hasard- twitter est comme un énorme étang dans lequel tout le monde peut jeter ce qu'il veut) des informations et réagissent sont comme moi. Je ne suis pas toute seule devant mon écran de télévision, je peux contribuer à ma manière, intervenir, exprimer ma peine, ma colère, soutenir les victimes même si je n'arrive pas vraiment à les identifier. Je suis également libre de mettre à jour la page comme il me convient et je joue à la journaliste en herbe . Je me sens impliquée mais n'est-ce pas le propre du Web 2 et notre nouvelle conception du web qui s'applique ici?
Et tout cela va très très très vite à en donner le vertige.
D'ailleurs, on dit que les terroristes, les cerveaux de l'opération, étaient eux-même connectés sur Twitter et la police indienne a demandé aux gens de calmer le jeu, tout cela n'aidant pas les opérations militaires en cours.

Après la frénésie du besoin d'informations, place à la tristesse et à la colère d'autant que tout cela semble ne jamais finir depuis cette après-midi. Et puis, l'horreur de ce 26/27 novembre 2008 en Inde qui, pourtant, était à craindre. (Une attaque de Bombay presque comme la réalité dans Le seigneur de Bombay de Vikram Chandra, publié en France en mai 2008).
Il me faut fermer Twitter, un outil contemporain, qui répond à peut-être à beaucoup d'attentes mais n'empèche pas la peine et surtout la peur.


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(1) Le Monde, Le Figaro, Times of India.